« Donner la parole aux jeunes, c’est leur montrer qu’ils peuvent changer le monde »

Date de publication : 08 juin 2026

Guillaume JULIE, alternant au sein du Groupe VYV et en charge du Collectif Jeunesses, revient sur la journée « La Voix des Jeunesses », organisée le 12 février 2026 au Parlement européen à Strasbourg. Une occasion unique pour les jeunes de s’exprimer sur un enjeu majeur : l’impact de l’intelligence artificielle conversationnelle sur la santé mentale.

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Guillaume Julie. Je suis en master de développement humanitaire international et en alternance depuis octobre 2024 au Groupe VYV. Je travaille au sein de la gouvernance mutualiste, rattachée à la Direction de l’Empreinte Mutualiste, avec deux tutrices, Inès D’Erceville et Marion Pétris.

Qu’est-ce qui t’a motivé à venir le 12 février dernier au Parlement européen pour participer à la journée « La Voix des Jeunesses » ? T’attendais-tu à ce que tu allais vivre ?

Pour le Prestige, déjà ! Aller au Parlement européen, c’est une expérience qui sort de l’ordinaire, difficile à refuser. C’était aussi l’occasion pour notre Collectif Jeunesses de vivre quelque chose de nouveau et d’important, surtout sur un sujet qui nous concerne tous et m’intéresse particulièrement : la santé mentale, en lien avec l’IA. Partir à Strasbourg avec des jeunes du Collectif Jeunesses, c’était une belle aventure. Cela m’a aussi permis de rencontrer d’autres jeunes, certains ayant même rejoint le Collectif Jeunesses depuis. Organiser des événements comme celui-là, c’est une bonne manière de parler aux jeunes et de les impliquer davantage.

Que penses-tu de l’initiative AI*me portée par le Groupe VYV et la CNIL ?

Je trouve ça super. Il était temps de donner la parole aux jeunes, surtout sur des sujets qui les concernent directement. Bien sûr, il faut des professionnels pour encadrer et des experts pour guider, mais offrir un espace aux jeunes, je trouve que c’est une excellente initiative. Il faut continuer dans ce sens, car c’est porteur d’avenir, surtout pour les jeunes. Leur montrer qu’eux aussi, s’ils s’impliquent, peuvent changer le monde autour d’eux, c’est essentiel.

Depuis quand et pourquoi es-tu en charge du développement du Collectif Jeunesses ?

Dès mon arrivée, on m’a directement parlé de cette mission : gérer un Collectif Jeunesses. L’idée était de mettre en lien des jeunes du Groupe VYV autour de missions engagées qui les intéressent et les concernent directement. Aujourd’hui, ce Collectif Jeunesses compte entre 25 et 30 membres, des jeunes du groupe, et aussi parfois des jeunes extérieurs, issus d’autres entités ou régions (Bordeaux, Bretagne…). L’âge moyen tourne autour de 25 ans. C’est un projet qui m’a tout de suite intéressé, car il permet de faire des choses originales, de sortir de l’ordinaire et de prendre des responsabilités avec une grande liberté d’action. Le Collectif Jeunesses a participé à des événements incroyables, comme le GSEF à Bordeaux ou la journée au Parlement européen. C’est rare d’avoir des événements comme ceux-ci, qui permettent à des jeunes de s’exprimer dans des groupes qui ne leur donnent pas toujours la parole. C’est une opportunité unique.

A titre personnel, as-tu déjà utilisé l’IA pour parler de ton bien-être ou de tes émotions ? Si oui, quelle a été ton expérience ? Si non, pourquoi ?

Pour mon bien-être ou mon mal-être, comme un psychologue ? Non, jamais. Ce n’est pas quelque chose qui me viendrait naturellement en tête. Je suis peut-être une personne plus introvertie sur ces sujets donc je ne vais pas forcément en parler avec mes proches, mais ce n’est pas pour autant que je vais le faire avec l’IA. Je pense que je suis plus alerte face au fait que l’IA ne donne pas forcément de bons conseils : elle se contente de répondre avec des biais de confirmation. Et je dirais qu’avec les personnes de mon âge ont plus de recul par rapport à ça parce qu’on baigne moins dedans. Il y a une forme de maturité un peu différente, je pense. A Strasbourg, beaucoup de jeunes voire très jeunes parlaient de l’IA comme personne à qui se confier, mais moi, je reste prudent.

Selon toi, quels sont les principaux risques et opportunités des IA conversationnelles pour la santé mentale des jeunes ?

Je pense qu’il ne faut pas avoir une vision négative de l’IA. Il faut la voir comme un outil qui peut aussi nous être utile, à condition de bien l’utiliser. Sur l’angle de la santé mentale, l’IA peut accentuer le mal-être de certaines personnes en favorisant l’isolement. Elle peut aussi renforcer les idées préconçues, car elle va dans le sens de l’utilisateur, ce qui peut l’enfermer davantage dans ses problèmes. Dans le même temps, l’IA peut offrir un espace pour parler et avoir un avis extérieur, même si cela me semble bizarre de dire qu’on discute avec quelqu’un. Elle peut aussi orienter vers des professionnels, comme cela a été discuté au Parlement européen : l’idée serait que l’IA génère des alertes ou redirige l’utilisateur vers des experts quand la discussion devient trop sensible. Donc ça peut aussi être un moyen d’aiguiller des jeunes. Tout dépend de l’utilisation qu’on en fait.

Quelles propositions ont été discutées/votées lors de cette journée ?

Le Collectif Jeunesses a organisé une plénière avec des votes, comme à l’Assemblée. Plusieurs idées ont été proposées et votées, notamment l’idée de renvoyer vers les professionnels : l’IA n’allait pas plus loin lorsqu’elle atteignait un certain niveau de discussion qui pouvait devenir dangereux, ou du moins qui n’était plus de l’ordre d’un ordinateur. Parmi les recommandations, il y a aussi eu la proposition d’utiliser un label pour informer les jeunes sur les informations provenant de l’IA, une journée obligatoire pour les moins de 16 ans ou encore une certification pour les médias qui s’engagerait à ne pas utiliser l’IA dans leurs contenus.

Comment le Collectif Jeunesses du Groupe VYV compte-t-il s’organiser pour faire avancer ces propositions ?

Suite à l’intervention au Parlement européen, il y aura un copilotage par les jeunes sur le sujet AI*me. Un comité jeune va se créer, incluant non seulement les jeunes du Collectif Jeunesses, mais aussi les jeunes qui étaient présents et ceux intéressés.

Qu’attends-tu du Groupe VYV/CNIL pour la suite ?

Je souhaite qu’ils nous tiennent informés, qu’ils nous impliquent pour la suite et qu’ils ne lâchent pas les jeunes. Il faut continuer sur ce même élan, car souvent, après ce genre d’événement, l’engouement s’essouffle. L’idée serait de garder la même ligne directive, de continuer à développer le projet et surtout, de continuer à prendre les jeunes en compte. Il y avait un engagement de leur part qui a vraiment fait plaisir à voir : propositions, prises de paroles, débats autour du sujet des IA conversationnelles. Observer des collégiens aussi impliqués, c’était incroyable. C’est super de voir des personnes venant d’un peu partout, avec des profils très différents, qui ne se seraient pas forcément parlées en temps normal, discuter entre eux et aborder des sujets qui les concernent tous. C’est bien d’avoir des images comme ça. Il faut continuer. Et il ne faut pas croire que les jeunes sont fainéants ou pas intéressés du tout. C’est complètement faux. Les jeunes sont très engagés, mais ils manquent parfois de plateforme pour s’exprimer. Il faut que les individus nous tendent un peu la main et fassent en sorte de conscientiser les jeunes le plus possible.

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