Hyperconnexion, IA et santé mentale : pourquoi il faut reprendre le contrôle.

En s’associant au magazine « Pouce ! », le Groupe VYV entend contribuer à une meilleure compréhension des mutations en cours, appelées à transformer profondément notre rapport à nous-mêmes, aux autres et à l’information. Pour Candice Van Lancker, directrice du programme IA de confiance au sein du groupe, les usages numériques et l'intelligence artificielle constituent désormais un véritable enjeu de santé publique
Date de publication : 05 juin 2026

 

 

Le constat est sans appel : les technologies numériques occupent aujourd’hui une place centrale dans nos vies. Smartphones, réseaux sociaux, plateformes vidéo ou encore intelligences artificielles conversationnelles influencent désormais de nombreux aspects du quotidien, du sommeil à l’attention, en passant par la santé mentale, l’estime de soi et la qualité des relations sociales.

Le numérique, une question de santé publique

Pour Candice Van Lancker, cette réalité impose un changement de regard. « Les usages numériques et l’intelligence artificielle ne sont plus uniquement des sujets technologiques. Ils sont devenus des sujets de santé publique. »

Face à cette évolution, et dans un paysage numérique saturé de contenus non vérifiés, les acteurs de la santé et de la protection sociale ont un rôle à jouer.

Pouce ! répond précisément à cet enjeu. C’est un média de prévention, pédagogique et accessible, porté par des experts et des scientifiques, qui aide à mieux comprendre les mécanismes de l’économie de l’attention, les effets de l’hyperconnexion et les usages numériques du quotidien. À l’heure où les fausses informations en santé font des ravages et tuent, ne l’oublions pas, nous avons un devoir collectif de soutenir les médias qui s’engagent activement à les combattre. Nous avons besoin de davantage d’espaces capables d’apporter des repères fiables, de valoriser les usages vertueux du numérique et de proposer des solutions concrètes.

C’est dans cette logique que le Groupe VYV soutient le média « Pouce ! », dont la vocation est d’informer le grand public sur les mécanismes de l’économie de l’attention, les effets de l’hyperconnexion et les usages responsables du numérique.

Quand l’IA devient un interlocuteur du quotidien

L’essor spectaculaire des intelligences artificielles conversationnelles marque une nouvelle étape dans cette transformation numérique. Ces outils ne se limitent plus à répondre à des questions ou à assister dans certaines tâches : ils occupent désormais une place de plus en plus intime dans la vie de nombreux utilisateurs.

Les travaux menés par le Groupe VYV et la CNIL dans le cadre du programme AI*me révèlent l’ampleur du phénomène. Selon cette étude, 86 % des jeunes Français utilisent déjà des outils d’IA conversationnelle. Plus frappant encore : près d’un jeune sur deux déclare les utiliser pour évoquer des sujets personnels ou intimes.

Pour certains, ces technologies deviennent des espaces de confidence, des conseillers du quotidien, voire des formes de soutien psychologique. Une évolution qui soulève de nombreuses interrogations.

Des enjeux qui dépassent largement la technologie

Au-delà de l’innovation elle-même, ce sont les conséquences individuelles et collectives de ces nouveaux usages qui préoccupent les experts.

La première concerne la santé mentale. Le développement de relations émotionnelles avec des systèmes automatisés interroge les risques de dépendance affective et la manière dont les jeunes construisent leurs repères relationnels.

Autre sujet de vigilance : l’attention et le développement cognitif. Lorsque certaines tâches intellectuelles sont de plus en plus déléguées aux machines, les mécanismes d’apprentissage, de mémorisation et de réflexion évoluent eux aussi. Les chercheurs s’interrogent désormais sur les effets à long terme de ces transformations.

La question de la diversité des points de vue est également posée. Si des millions de personnes s’informent, apprennent ou prennent des décisions à partir des mêmes modèles algorithmiques, le risque d’une homogénéisation des représentations et des modes de pensée ne peut être ignoré.

Enfin, la protection des données personnelles constitue un enjeu central. Les conversations entretenues avec ces outils peuvent révéler des informations particulièrement sensibles sur les émotions, les préoccupations ou la vie privée des utilisateurs. La maîtrise de ces données devient donc une question essentielle de souveraineté numérique et de protection des citoyens.

Une attente forte de la part des jeunes

Contrairement à certaines idées reçues, les jeunes ne demandent pas de tourner le dos à l’innovation. Ils souhaitent avant tout mieux comprendre les technologies qu’ils utilisent.

Selon l’étude menée par le Groupe VYV et la CNIL, 85 % des jeunes Français souhaitent disposer de davantage d’informations sur l’intelligence artificielle, ses impacts et les bonnes pratiques à adopter.

Parents, enseignants, professionnels de santé et jeunes eux-mêmes expriment aujourd’hui un besoin croissant d’accompagnement face à des problématiques très concrètes : temps d’écran, anxiété, désinformation, isolement social ou encore construction de l’identité à l’ère numérique.

« Le sujet n’est pas d’être pour ou contre la technologie », rappelle Candice Van Lancker. « Les jeunes demandent surtout des garde-fous, de la transparence, de la pédagogie et un cadre clair. »

Construire une IA de confiance

Pour répondre à ces défis, le Groupe VYV a choisi d’agir sur plusieurs fronts. Le soutien à des initiatives d’information et de prévention comme « Pouce ! » constitue un premier levier.

L’engagement dans le programme européen AI*me en est un autre. Mené avec la CNIL et plusieurs partenaires européens, ce dispositif vise à mieux comprendre les usages réels des jeunes face aux IA conversationnelles, à mesurer leurs effets potentiels sur la santé mentale et à élaborer des réponses adaptées en matière de prévention, d’éducation numérique et de protection des données.

L’objectif est d’anticiper plutôt que de subir. « Nous voulons contribuer à construire une IA de confiance, plus éthique, plus transparente et plus protectrice », résume la directrice du programme.

Remettre l’humain au centre

Pour le Groupe VYV, l’enjeu dépasse largement le seul cadre technologique. Il s’agit d’accompagner une transformation de société qui touche à la santé, à l’éducation, à la citoyenneté et à la qualité du lien social.

Informer, prévenir, accompagner et nourrir le débat public font désormais partie intégrante de cette mission. Car si l’innovation ouvre des perspectives considérables, elle ne peut se développer durablement sans réflexion collective sur ses impacts.

« L’enjeu n’est pas de freiner l’innovation », conclut Candice Van Lancker. « L’enjeu est de lui donner un cadre, une direction et une responsabilité collective, pour que la technologie reste au service de l’humain et non l’inverse. »

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