Investir pour mieux vieillir : comment l’UMR veut répondre au défi du grand âge

Face au vieillissement rapide de la population française, la question du « bien vieillir » devient un enjeu économique autant que social. L’UMR, spécialiste de l’épargne retraite au sein du Groupe VYV, annonce le lancement d’OGIMI, une stratégie d’investissement dotée de 350 millions d’euros destinée à financer des solutions concrètes pour les seniors, les aidants et les professionnels du soin.
Date de publication : 08 juin 2026

 

Le constat est connu, mais il prend aujourd’hui une ampleur nouvelle : la population française vieillit rapidement. D’ici 2050, un Français sur trois aura plus de 60 ans. Cette évolution démographique transforme en profondeur les besoins de la société et met sous tension le système de santé, les finances publiques et les dispositifs d’accompagnement.

Le vieillissement, un bouleversement désormais incontournable

Le sujet ne concerne plus uniquement les personnes âgées dépendantes. Il touche aussi des millions de proches aidants, des professionnels du soin confrontés à une crise d’attractivité et des parcours de vie de plus en plus diversifiés. Certains seniors restent actifs et autonomes longtemps, tandis que d’autres connaissent des situations de fragilité plus précoces.

Pourtant, le vieillissement ne peut plus être considéré comme un simple coût pour la collectivité. L’enjeu est désormais structurel et nécessite une réponse globale, coordonnée et pensée sur le long terme. Car le « bien vieillir » dépasse largement la seule question de la dépendance. Il englobe la santé physique, les capacités cognitives, le lien social, l’habitat, l’autonomie ou encore les conditions de vie quotidiennes.

Des politiques publiques jugées insuffisantes

L’État a bien engagé plusieurs initiatives ces dernières années, notamment avec la stratégie nationale « Bien vieillir 2030 », présentée en 2023. Celle-ci met l’accent sur la prévention de la perte d’autonomie et la lutte contre l’isolement. Mais pour l’UMR, les moyens publics ne suffiront pas, à eux seuls, à répondre à l’ampleur des besoins à venir. Le groupe souligne que le plan grand âge, annoncé depuis plusieurs années, a été plusieurs fois repoussé, tandis qu’une conférence nationale de l’autonomie doit se tenir en septembre prochain.

Dans ce contexte, l’investisseur institutionnel considère qu’un autre levier doit être mobilisé : celui de l’investissement privé de long terme.

Assureurs, gestionnaires d’actifs ou fonds de pension disposent en effet de capacités financières importantes susceptibles d’être orientées vers des projets liés au vieillissement. Pour l’UMR, leur responsabilité ne se limite plus à rechercher de la performance financière. Ils doivent aussi contribuer à répondre à des besoins sociétaux durables.

OGIMI, une stratégie d’investissement dédiée au « bien vieillir »

C’est dans cette logique que l’UMR annonce le lancement d’OGIMI, une stratégie thématique d’investissement consacrée au « bien vieillir ». Le nom fait référence à un village du nord d’Okinawa, au Japon, réputé pour la longévité de ses habitants. À travers cette appellation, l’UMR veut défendre une vision globale du vieillissement, fondée sur l’équilibre entre santé, autonomie, environnement de vie et lien social.

La stratégie sera déployée entre 2025 et 2030 et représente un engagement total de 350 millions d’euros. L’objectif affiché est de financer des solutions concrètes destinées à trois grandes catégories de bénéficiaires :

  • les seniors de plus de 55 ans, qu’ils soient autonomes ou en perte d’autonomie ;
  • les proches aidants ;
  • les professionnels du soin et du lien social.

L’UMR explique vouloir agir à la fois sur la prévention (pour retarder la perte d’autonomie) et sur l’accompagnement des situations de fragilité.

Quatre leviers d’investissement mobilisés

Pour mettre en œuvre cette stratégie, l’UMR répartit ses investissements sur quatre grandes classes d’actifs.

  • Les actions cotées

Une enveloppe de 100 millions d’euros sera investie via un fonds créé avec OFI AM. Ce fonds ciblera des entreprises européennes et internationales dont l’activité contribue à répondre aux défis liés au vieillissement, notamment dans les domaines de la santé, de la prévention ou du lien social.

Le fonds bénéficie également du label Finansol et prévoit un mécanisme de solidarité destiné à soutenir des structures de l’économie sociale et solidaire engagées sur le sujet du bien vieillir.

  • L’immobilier

L’immobilier représente la part la plus importante de la stratégie, avec 120 millions d’euros.

L’UMR souhaite financer des logements et des solutions d’hébergement adaptés aux besoins des personnes âgées. L’objectif est notamment de favoriser le maintien à domicile le plus longtemps possible, tout en développant des parcours résidentiels capables d’accompagner les situations de dépendance et de limiter l’isolement.

  • Le capital-investissement

L’UMR prévoit également 75 millions d’euros dans un fonds opéré par Serena et Makesense, auxquels s’ajoutent 45 millions d’euros déjà investis dans des projets liés à la santé et aux biotechnologies.

Ces investissements viseront des entreprises françaises ou européennes développant des solutions innovantes autour de la santé physique et mentale, du maintien à domicile, de la prévention de la perte d’autonomie ou encore de la réduction de l’isolement.

Le groupe indique vouloir jouer un rôle d’investisseur actif, en accompagnant aussi les entreprises dans leur développement stratégique.

  • La dette privée

Enfin, 10 millions d’euros seront consacrés à la dette privée afin de financer directement des entreprises françaises dont l’activité répond aux enjeux du vieillissement.

Une logique d’investissement à impact

À travers OGIMI, l’UMR revendique une démarche d’« investissement à impact ». L’idée consiste à orienter l’épargne vers des projets capables de produire des effets sociaux mesurables, tout en recherchant une rentabilité financière.

Le groupe insiste sur la nécessité de dépasser les simples déclarations d’intention. Chaque investissement devra faire l’objet d’un suivi destiné à mesurer ses effets concrets, notamment sur :

  • l’autonomie et la santé des seniors ;
  • le maintien du lien social ;
  • les conditions de travail des professionnels du soin ;
  • l’accès à des conditions de vie adaptées.

L’UMR affirme également vouloir faire évoluer les pratiques du marché en développant une approche qualifiée de « systémique », c’est-à-dire capable de coordonner différents acteurs et différents types d’investissements autour d’un même objectif.

Pour accompagner cette démarche, l’entreprise s’appuie sur PSBL afin de structurer l’approche globale du programme.

Faire de l’épargne retraite un outil de transformation sociale

Au-delà du lancement d’un nouveau fonds, l’UMR cherche aussi à repositionner le rôle de l’épargne retraite.

Pour le groupe VYV, les acteurs de ce secteur ont une responsabilité particulière : ils accompagnent les épargnants sur le long terme et sont directement liés aux conditions dans lesquelles ceux-ci vieilliront demain.

L’ambition affichée est donc de mettre cette épargne au service d’une société où le vieillissement ne serait plus synonyme d’isolement ou de précarité, mais d’autonomie, de dignité et d’inclusion.

Avec OGIMI, l’UMR entend ainsi démontrer que les enjeux démographiques peuvent devenir un terrain d’innovation économique et financière, à condition de mobiliser durablement les capitaux privés au service de besoins collectifs de long terme.

 

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