Retraite : pourquoi l’éducation financière devient un enjeu majeur pour les Français

À l’occasion des Rencontres de l’éducation financière du 19 mars à Paris, le baromètre 2026 met en lumière un paradoxe : si la retraite est largement perçue comme un enjeu de société, les Français se sentent encore mal informés pour la préparer. Réalisée pour la première fois en partenariat avec l’UMR, l’étude intègre un volet consacré à la retraite et révèle aussi une forte attente d’accompagnement, notamment chez les plus jeunes.
Delphine Maisonneuve participe à un débat sur l'éducation financière
Date de publication : 26 mars 2026

 

Delphine Maisonneuve, directrice du Groupe VYV, à l’occasion des rencontres de l’éducation financière

 

 

La préparation de la retraite s’impose aujourd’hui comme une préoccupation majeure pour les Français. Selon le baromètre 2026 de l’éducation financière, 82 % d’entre eux considèrent qu’il s’agit d’un véritable enjeu de société. Pourtant, derrière cette prise de conscience collective subsiste un déficit important d’information et de compréhension.

La retraite, un enjeu de société encore mal compris

La réforme récente des retraites en est une illustration : six Français sur dix déclarent ne pas l’avoir comprise. Cette difficulté à s’approprier les règles du système nourrit un sentiment de désarroi face à la préparation concrète de la retraite.
Ainsi, parmi les personnes qui se disent concernées par leur avenir financier, 58 % estiment ne pas disposer d’informations suffisantes pour préparer ou gérer leur retraite, dont 17 % qui considèrent ne pas être informées du tout. Un constat qui souligne l’ampleur du défi pédagogique à relever pour accompagner les Français dans une projection de long terme.
Le baromètre montre également que plus les individus sont engagés dans la préparation de leur retraite et à l’aise financièrement, plus ils se montrent favorables à l’idée d’une épargne retraite individuelle obligatoire. Autant de tendances que l’UMR observe avec attention à travers ses études régulières consacrées à l’épargne et à l’éducation financière.

Les jeunes, une génération plus concernée qu’on ne le pense

L’édition 2026 du baromètre apporte également un éclairage inédit sur les 18-24 ans, souvent perçus comme éloignés des problématiques de retraite. Les résultats bousculent largement cette idée reçue.
Certes, les jeunes savent déjà épargner, mais rarement dans la perspective de la retraite. Pour autant, ils apparaissent particulièrement conscients des enjeux liés à leur avenir. Plus de la moitié d’entre eux se disent préoccupés et démunis face à la question de la retraite.
Cette inquiétude s’accompagne d’un déficit d’information : 67 % des 18-24 ans déclarent ne pas avoir compris la réforme des retraites, alors même qu’ils seront directement concernés par les évolutions futures du système.
Dans le même temps, cette génération manifeste une forte volonté d’agir. La préparation individuelle de la retraite est ainsi considérée comme une solution pertinente par 56 % des jeunes, y compris dès l’enfance — une approche déjà mise en place en Allemagne depuis 2025. Cette ouverture témoigne d’une certaine proactivité face à un sujet longtemps perçu comme lointain.
Autre signal fort : près d’un tiers des jeunes expriment un besoin de formation en matière d’éducation financière. Conscients qu’ils devront davantage prendre en main leur avenir, ils se montrent prêts à acquérir les connaissances nécessaires.

Une forte attente de pédagogie et de transparence

L’étude met en évidence une attente claire des Français : disposer d’informations plus accessibles pour comprendre les mécanismes de la retraite et les démarches à entreprendre.
Les répondants expriment le besoin de contenus clairs, personnalisés et faciles d’accès. Les jeunes, de leur côté, se disent également prêts à consulter des contenus plus experts, capables d’entrer dans le détail des aspects techniques.
Les canaux d’information évoluent parallèlement aux usages. Les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle sont davantage utilisés par les jeunes pour rechercher des informations. Néanmoins, le conseiller demeure la source la plus sollicitée pour s’informer, citée par 34 % des répondants.
Les outils digitaux jouent quant à eux un rôle croissant dans la phase de préparation : les moins de 35 ans se montrent particulièrement intéressés par les simulateurs, les formations en ligne ou les tutoriels permettant de mieux se projeter dans leur situation future.
Ces attentes renforcent l’enjeu d’information, de transparence et de pédagogie porté par l’UMR et ses équipes. Dans cette perspective, l’année 2025 a marqué une étape importante avec l’acquisition de Sapiendo, une entreprise spécialisée dans le conseil retraite.
Sapiendo s’appuie notamment sur sa plateforme Leïa, qui permet de simuler, comprendre et optimiser les droits à la retraite. Elle propose également des bilans personnalisés, des entretiens de conseil, des formations et un accompagnement humain de bout en bout, notamment lors des moments clés de fin de carrière. L’ambition partagée est de rendre le conseil retraite accessible à toutes et à tous.

Trouver l’équilibre entre digital et accompagnement humain

Si les usages numériques progressent, l’accompagnement humain reste central dans la relation avec les épargnants. La préparation de la retraite s’inscrit en effet dans un temps long qui nécessite un suivi durable.
Les Français attendent ainsi de leur partenaire financier non seulement un accompagnement dans le choix d’un contrat adapté, mais aussi une présentation claire des solutions et un soutien dans la durée.
Malgré la montée en puissance des outils digitaux, le rendez-vous avec un conseiller demeure la forme d’accompagnement la plus appréciée : 48 % des Français la privilégient, et même 53 % des 18-24 ans.
Dans les faits, les outils numériques interviennent souvent en amont du conseil. Ils permettent de rechercher des informations, d’effectuer des simulations ou de préparer un entretien avec un professionnel.
L’enjeu consiste donc à conjuguer innovation digitale et proximité humaine afin de répondre à ces nouveaux usages, sans renoncer aux modes d’accompagnement traditionnels auxquels les Français restent attachés.

Un accompagnement déjà largement mobilisé

Cette combinaison entre expertise et proximité se traduit déjà dans les dispositifs existants. Le plateau téléphonique de conseillers de l’UMR reçoit ainsi près de 50 000 appels chaque année, avec un niveau de satisfaction proche de 9 sur 10.
La dimension territoriale constitue également un levier important d’accompagnement. Le réseau MGEN, avec plus de 130 agences et espaces mutualistes répartis sur le territoire, offre des points de contact de proximité pour les adhérents.
Cette qualité d’accompagnement a d’ailleurs été reconnue à travers l’obtention du label « Meilleur Conseil » en 2024 et en 2025.
Autant d’initiatives qui témoignent d’une mobilisation croissante pour répondre aux attentes d’information et d’accompagnement des Français, dans un contexte où la préparation de la retraite s’impose progressivement comme un sujet central de l’éducation financière.

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