Au Climat Libé Tour, le coût sanitaire de l’inaction climatique fait débat

Invité du Climat Libé Tour 2026, Stéphane Junique a participé, samedi 11 avril, à une table ronde consacrée aux conséquences du dérèglement climatique sur la santé, aux côtés de Germán Velásquez, ambassadeur pour la santé mondiale auprès des Nations unies pour la Colombie, et de Kevin Jean, épidémiologiste et auteur de À notre santé. Un débat animé par la journaliste de Libération Maud Benakcha.
Stéphane Junique au Climat Libé tour.
Date de publication : 17 avril 2026

 

 

« Le coût de l’inaction climatique est déjà là ». Stéphane Junique a rappelé que le dérèglement climatique constitue désormais une réalité sanitaire documentée.

Un coût humain massif

Selon l’OMS, 37 % des décès liés à la chaleur sont attribuables au changement climatique, tandis que la mortalité des plus de 65 ans a augmenté de 70 % en vingt ans. Plus de 2,4 milliards de travailleurs sont exposés à des chaleurs excessives, générant des millions d’accidents chaque année.

Près des deux tiers des maladies infectieuses sont influencées par le climat (maladies vectorielles, zoonoses, pathologies hydriques et alimentaires). Même dans un scénario optimiste, l’OMS anticipe 250 000 décès supplémentaires par an. Au total, 24 % des décès mondiaux sont liés à des facteurs environnementaux (15 % en Europe). « Le coût humain est massif », a souligné Stéphane Junique.

Des inégalités marquées

Face aux risques climatiques, « nous ne sommes pas tous égaux ». Personnes âgées, enfants et populations précaires sont les plus exposés. Le logement est un déterminant clé : en Europe, 130 000 décès annuels sont liés à des conditions d’habitat inadaptées.

Les catastrophes naturelles illustrent ces vulnérabilités : en France, plus d’un tiers des personnes exposées déclarent des troubles physiques et près d’un quart des souffrances psychologiques. Au-delà des pertes matérielles, les impacts sont durables.

Prévenir plutôt que subir

Stéphane Junique appelle à dépasser une approche centrée sur le soin : « On ne peut plus penser la santé uniquement sous cet angle ». Il plaide pour une vision globale intégrant environnement, biodiversité et santé humaine (logique « One Health »).

Cela implique de renforcer la prévention, encore marginale, et de mieux préparer les populations aux crises. La question du financement reste centrale, notamment face au recours important aux dons privés dans certains domaines de recherche.

Agir sur les déterminants

Le logement constitue un levier majeur. Avec le label « Mon logement santé », le Groupe VYV intègre confort thermique et qualité de vie ; plus de 7 000 logements sont engagés depuis 2022.

L’alimentation est un autre axe : 17 % des adultes sont en situation d’obésité et 11 millions de personnes en insécurité alimentaire. Malnutrition et sédentarité génèrent près de 20 milliards d’euros de dépenses annuelles, d’où le développement d’initiatives locales favorisant une alimentation durable.

Santé mentale et responsabilité collective

Le climat affecte aussi la santé mentale : 15 % des personnes exposées déclarent un impact psychologique négatif, et 4,2 millions de Français expriment une éco-anxiété forte. L’enjeu est de transformer cette inquiétude en capacité d’action, notamment chez les jeunes.

Enfin, Stéphane Junique a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective. Si l’État joue un rôle structurant, la réponse repose sur une coopération étroite entre acteurs publics, collectivités et société civile.

En filigrane, un message central : face à l’ampleur des impacts sanitaires du changement climatique, il ne s’agit plus seulement de réparer, mais d’anticiper.

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