Les jeunes européens et l’IA conversationnelle

Et si l’IA conversationnelle devenait la première confidente des jeunes européens, devant leurs amis ou leur famille ? En janvier 2026, l’institut Ipsos BVA a mené une étude* pour le Groupe VYV et la CNIL, sur un échantillon de 3 800 jeunes européens âgés de 11 à 25 ans, avec pour ambition de découvrir l’impact de l’IA conversationnelle sur la santé mentale des jeunes ainsi que sur leur vie privée.
Date de publication : 05 mai 2026

Aujourd’hui, 86% des jeunes Français utilisent l’intelligence artificielle pour faire leurs devoirs, se divertir ou bien pour aborder des sujets intimes. Généralisée, cette pratique est adoptée dès le plus jeune âge. Dès 11 ans, les jeunes intègrent l’IA dans leur vie quotidienne :

  • 71 %des jeunes Français l’utilisent pour écrire ou améliorer un texte ;
  • 66 %pour résumer ou analyser des données ;
  • 51 %pour trouver des idées pour leurs études ou leur carrière
    professionnelle.

 

Mais l’IA ne se limite pas à un rôle utilitaire et pratique :
48 % des jeunes Français l’utilisent également pour parler de sujets intimes ou personnels. L’IA conversationnelle serait donc en quelque sorte devenue un compagnon du quotidien pour les jeunes européens. Cependant, derrière cette adoption massive se cachent des enjeux majeurs : utilisation dès l’enfance, confiance limitée et méconnaissance des usages responsables.

L’IA, un refuge pour les jeunesses anxieuses

L’étude révèle un paradoxe : bien que 84 % des jeunes Français déclarent se sentir bien dans leur vie quotidienne, deux tiers d’entre eux (65%) présentent des signes de troubles anxieux (contre 67 % en Allemagne et 69 % en Suède et en Irlande). Dans ce contexte, l’IA devient un refuge :

  • 35 % des jeunes européens s’y confient pour gérer leur stress ;
  • 33 % lorsqu’ils rencontrent des problèmes avec leurs proches ;
  • 32 % lorsqu’ils se sentent tristes ou en colère.

Les jeunes les plus anxieux déclarent parler plus facilement de leurs problèmes à une IA conversationnelle qu’à leurs proches ou à des professionnels.

L’IA comme conseiller de vie

L’étude révèle que 64 % des jeunes Français considèrent l’intelligence artificielle conversationnelle comme un conseiller de vie. Certains vont même plus loin : un jeune sur deux estime qu’elle peut aider à se sentir mieux ou à gagner en confiance au quotidien. Pour autant, cela soulève des questions : un jeune sur deux pense que l’utilisation de l’IA peut conduire à l’isolement ou fragiliser le bien-être des individus.

Une jeunesse lucide

Paradoxalement, malgré l’adoption de l’IA par une grande majorité de jeunes, 80% d’entre eux accorde une confiance limitée en l’IA. De plus, de fortes attentes émergent concernant les sujets d’IA : savoir ce que l’IA fait des informations qui lui sont confiées (75%), connaître les sujets à éviter de confier à l’IA (73%), connaître les bonnes pratiques à avoir lors de l’utilisation de l’IA (71%) et aussi comprendre les principaux risques liés à l’utilisation de l’IA (69%).

Un manque d’information

Seulement 32 % des jeunes Français se considèrent bien informés sur le devenir de leurs données, contre 36% en Suède et 46 % en Allemagne et en Irlande. Cette constatation se traduit en un défi concret pour les acteurs de santé et les régulateurs : ils doivent désormais renforcer la prévention et l’accompagnement des jeunesses.

L’IA perçue comme supérieure aux humains

Les jeunes attribuent à l’IA des qualités qui dépassent parfois celles des humains :

  • 39 % la trouvent plus intelligente ;
  • 34 % estiment qu’elle leur donne de meilleurs conseils ;
  • 32 % pensent qu’elle peut comprendre les émotions humaines.

Aujourd’hui, ce sont 51 % des jeunes qui reconnaissent que l’IA les aide à se sentir mieux, 50 % qui affirment qu’elle donne davantage confiance en soi et 36% qui lui accordent un rôle d’écoute et d’impartialité.

L’IA conversationnelle, désormais devenue un compagnon incontournable pour les jeunes européens, est à la fois un outil pratique et un espace de confidence. Pourtant, son adoption soulève des enjeux en termes de transparence, de lien social et de bien-être. Face à ces constats, l’urgence devient alors double : renforcer l’éducation aux usages responsables et garantir un encadrement protecteur.

* Méthodologie utilisée pour réaliser l’étude : Échantillon interrogé par Internet via l’Access Panel Online d’Ipsos. Méthode des quotas appliquée au genre, à l’âge et à la région dans les 4 pays. Des quotas sur la catégorie d’agglomération ont aussi été appliqués en France, Allemagne, Irlande et en Suède. De plus, en France uniquement, des quotas ont été appliqués à la catégorie socioprofessionnelle de la personne de référence du foyer.

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